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6 juin 2016

Remember souvenir


J'ai bien failli louper Remember Souvenir, expo éphémère qui occupe le bâtiment abandonné Solvay dont la rénovation est imminente. Je m'en serais beaucoup voulu, parce l'opportunité de visiter une oeuvre magistrale pareille n'arrive pas souvent dans nos contrées.

Le site officiel décrit l'expo ainsi:
Denis Meyers peint les murs, les portes, les fenêtres, la façade, le toit. Il empile les mots, il décharge les souvenirs. Il fait couler les phrases, des centaines de phrases, des milliers de phrases, qu'il écrit à la bombe. Il tire les portraits à la bombe encore. Plus de 1500 bombes de peinture noire utilisées pour l'instant dans cette oeuvre qui n'en finit pas. Ce sont quelques 150 carnets de dessin, accumulés depuis vingt ans, qui servent de point de départ à l'habillage quasi cathartique du lieu. Il en reprend des extraits parce que c'est une matière qui lui tient à cœur. D'où le nom de cette exposition : Remember Souvenir. Cela replonge l'artiste dans ses souvenirs, "c'est aussi affronter ce que je vivais quand j'ai commencé ce travail dans le bâtiment Solvay" confie Denis Meyers. On retrouve sur les murs les prénoms de ses enfants, de ses amis, un extrait du poète René Char pointé comme un mantra, des portraits de la scène musicale qu'il a suivie depuis vingt ans. Ceux du cercle précieux de la famille, ceux des inconnus qu'il croise chaque jour aussi, des sentiments de l'instant, des réflexions plus intenses, des mots posés comme des chocs... Mais quand il touche à l'intime, Denis Meyers serre les mots, complexifie l'écriture, sans lecture possible, pour se préserver. Une oeuvre intime qui n'en est que plus touchante en se livrant de manière brute et forte tout en se protégeant.
Une oeuvre intime de... 20.000m2! Un gigantesque mind-palace obsessionnel où l'apparente destruction sert de support aux émotions les plus vives.

On l'avait annoncée mi-mai, puis fin mai, puis début juin. Et bien non, la rénovation n'a toujours pas commencé et on prévoit encore des dates des visite jusqu'au 12 juin. Si ça se trouve, en tirant un peu dessus, les congés du bâtiment rajouteront un mois de visites supplémentaires.

Les meilleures photos vous donnent une idée de l'espace, mais ne rendront jamais la puissance de l'exploration réelle. Pour vraiment en profiter, vous n'avez pas le choix: allez la visiter tout de suite.


Visites:

Visite guidée obligatoire organisée par Arkadia.be
44 rue du prince Albert, 1050 Bruxelles.


















5 juin 2016

5 choses que j'ai aimées cette semaine


Un thé chez Ladurée

Le salon Wittamer étant réservé pour un événement privé, Celle que j'aime, moi-même et nos amis lillois avons traversé le Sablon pour notre thé de fin de journée. Je ne l'aurais pas fait spontanément (Ladurée est hors de mon radar culinaire) et je ne le referai pas spontanément non plus. Ca ne veut pas dire que je n'ai pas apprécié, au contraire.

Byôsoku 5 senchimêtoru (5 centimètres par seconde)

Après la découverte de The Garden of Words, il était tentant de poursuivre l'exploration de la filmographie de Makoto Shinkai. Premier arrêt: 5 centimètres par seconde, qui raconte la difficile relation à longue distance entre deux adolescents. On a un peu l'impression de voir le même film, avec une technique plus rudimentaire et de la neige à la place de la pluie, mais l'émotion est aussi au rendez-vous. Si vous voulez en profiter, il est disponible en entier sur Youtube.



Marcella


L'ennuyeux quand on a l'habitude du meilleur, c'est qu'on a du mal à se satisfaire du juste bon. Après les sommets Bron et Trapped, Celle que j'aime et moi peinons pour trouver des séries du même niveau.  Sans atteindre la puissance des deux autres séries, Marcella passe néanmoins la barre. Ecrit par le créateur de Bron, Marcella fonctionne sur le même principe: une enquête policière terrifiante menée par un esprit dérangé. Londres à remplacé Copenhague et Malmö et les crises de colère incontrôlable ont remplacé l'autisme. 



Le retour de MTLM en BD

La machine a dessin s'est remise en route et n'est pas prête de s'arrêter. Mon premier dessin est sorti tout seul, sans effort, et ça m'a fait beaucoup de bien.



Remember Souvenir

L'expo du moment à Bruxelles. Une expérience extrême, puissante et inoubliable. Je vous en dirai plus dans mon article de demain.
Site officiel


Et vous, qu'avez-vous aimé cette semaine?

29 avril 2016

28 mars 2014

Pitichompignon - le making-of

J'ai eu la faiblesse un jour de confesser à celle que j'aime un des plaisirs coupables de ma petite enfance: reproduire la danse des champignons de Fantasia, plus particulièrement celle du plus petit. Depuis "la danse du pitichompignon" est devenu un de nos running gags que je vous laisse imaginer (non, inutile de demander, pas d'imitation en public).

Le Pitichompignon m'a inspiré la carte d'anniversaire de celle que j'aime. Vous avez peut-être vu passer la photo sur le compte Instagram @leroseetlenoir auquel vous êtes certainement déjà abonnés. Sinon faites-le maintenant, là, tout de suite, pouf.

En voici le making-of:

Le croquis est venu tout seul, ce qui ne m'est quasiment jamais arrivé
J'ai suivi la règle des mangas à l'ancienne: d'abord détourer avec un gros trait.
Une étape aussi inutile que fréquente
Le résultat final avant la découpe

Pour ceux qui ne l'ont jamais vue, voici la vraie danse du pitichompignon dans Fantasia.

 

9 janvier 2014

Chute libre: carnets du gouffre

Mademoiselle Caroline a tout d'une vie de rêve. Un boulot de graphiste bien alimenté, un mari barbu fort et attentionné, des enfants et elle vit dans une des plus belles régions du monde: les Alpes. Et puis un jour tout bascule. Sans raison apparente, la dépression s'installe sans qu'aucune thérapie ou médicament parvienne à la chasser efficacement.

Mademoiselle Caroline raconte ses années de noirceur dans Chute libre - Carnets du gouffre, une superbe BD sur la dépression et les moyens de s'en sortir.

La dépression est un de mes sujets de prédilection: je me suis débattu contre elle pendant des années. Son récit - qui combine simplicité graphique et pertinence narrative - m'a renvoyé à mon histoire personnelle avec ses événements similaires: la thérapie qui ne résout rien, les médicaments, la chute soudaine et inexplicable dans l'angoisse, l'impossibilité d'apprécier son propre bonheur, et surtout la joie de tomber sur le bon thérapeute et le bon traitement.

Je recommande vraiment cette BD et pas seulement pour ses qualités graphiques: c'est une mine d'informations sur les outils efficaces de lutte contre la dépression. J'y ai notamment découvert la mesure de la cohérence cardiaque et les services proposés par HeartMath. Je vous en parlerai plus en détail dans un post suivant.

5 septembre 2013

Blanche-Neige


Je crois que Blanche-Neige est le premier film que j'ai vu. Je crois que c'était au Marni, place Flagey, je pense avoir beaucoup pleuré de trouille, tellement qu'on a dû me sortir de la salle.* La reine m'a particulièrement marqué (je la tiens pour responsable d'une partie de mon imaginaire érotique - non n'essayez pas de deviner quoi).

Si en grandissant, je me suis progressivement distancié du travail de Walt Disney, je n'ai jamais pu me défaire de Blanche-Neige, resté au fond de moi comme un cauchemar fondateur.

J'avais un oeil sur le livre Blanche-Neige de Pierre Lambert depuis longtemps, arrêté dans mon élan par le prix estomaquant. J'ai profité d'une promo à 50% au Cook&Book pour mettre la main sur ce pavé qui figure maintenant parmi mes sources d'inspiration préférées.

Plus que pour l'histoire de la production, le livre est intéressant pour sa collection de croquis préparatoires (au fusain ou en couleur), de décors et de cellulos. Le talent investi dans le rendu du moindre détail donne le vertige. Tous ces dessins ne donnent pas l'impression d'avoir été réalisés pour un film d'animation du 20ème siècle, mais plutôt pour des tableaux romantiques des deux siècles précédents. On était loin des feuilles de storyboard standardisées, on y a allait sur des toiles ou des cartons de toutes les tailles; on et toujours dans l'atelier du peintre.

Le livre m'a aussi rappelé à quel point Blanche-Neige était un film macabre - là aussi, influencé par le romantisme gothique des siècles précédents. Je le redécouvre aujourd'hui avec nostalgie et, j'avoue, jubilation. L'extrait en-dessous en est une très bonne illustration.



* Le Marni a fermé en 1974. Soit mes souvenirs sont recomposés, soit j'étais vraiment toupiti quand je l'ai vu.

23 août 2013

Ray Harryhausen's Fantasy Scrapbook


Je m'étais fixé comme objectif de lire ce livre et de rédiger le post de blog dans le courant du mois de mai, juste après notre retour de Brighton où je l'avais acheté. Ray Harryhausen est décédé le 7 mai, et j'ai bloqué, incapable de déconnecter le livre de ma profonde tristesse.

Ray Harryhausen m'a accompagné depuis mon enfance. A l'époque, je regardais Jason and the Argonauts et The 7th Voyage of Sindbad en boucle. J'ai vu Clash of the Titans en salle en 1981. Depuis, il a toujours été présent puisque son travail a influencé quasiment tout le cinéma à grand spectacle: Star Wars, Terminator, Jurassic Parc, quelques centaines d'autres et tout récemment Pacific Rim qui lui est dédié.

C'est idiot, mais lorsque j'ai dessiné ma planche It Came from Beneath the Sea en 2010 pour fêter son 90ème anniversaire, je ne pensais pas qu'il partirait un jour. Des livres continuaient à sortir. Il continuait à donner des interviews. Une expo avait eu lieu à Londres... Et le 7 mai est arrivé. Avant de me remettre à écrire ce post, j'ai fait un long voyage intérieur au coeur de mon enfance qui s'est achevé en versant une larme sur les dernières pages du livre.

A chacun de mes voyages au Royaume-Uni, je me retrouvais toujours avec entre les mains un livre différent sur Ray Harryausen et la tentation, jamais concrétisée, de l'acheter. J'ai finalement craqué, à Brighton sur Ray Harryhausen's Fantasy Scrapbook, le dernier paru et de loin mon préféré.

Ce fantasy scrapbook ne tourne pas seulement autour de la fabrication des effets spéciaux, il fait revivre toute la carrière cinématographique de Ray Harryhausen à travers ses documents: les classiques (croquis, photos, maquettes) et surtout les plus inattendus (devis, bons de commandes, lettres, notes éparses). Plus qu'un catalogue de scènes, c'est réellement une exploration intime de sa carrière.

l J'ai du mal à convaincre certaines personnes de mon entourage de son importance (je ne vise personne, elle est assise en face de moi). C'est vrai que ses films ont souvent une histoire inepte, et ses effets sont clairement dépassés aujourd'hui. Mais Ray Harryhausen avait un immense talent de conteur graphique qui transcendait ses limites. Ses scènes ont la puissance des rêves qui laissent une impression indélébile au fond cerveau. Et ça, très peu de cinéastes en sont capables.

Une compilation de presque toutes les créatures animés par Ray Harryhausen


La mort de Méduse, scène lente et macabre qui me hante encore


Joe Dante interviewe Ray Harryhausen.

21 juin 2013

Le jeune Lovecraft


J'ai découvert Le jeune Lovecraft lors d'une de nos visites à Brüsel. Je ne connaissais pas. Le livre était sur l'énorme pile du centre du magasin. Le nom Lovecraft m'a fait les yeux doux. Je suis tombé sur Cthulhu en feuilletant et... brzt, le livre s'est retrouvé à la caisse. Comme quoi, il en faut très peu pour me téléguider comme un cultiste de base.

J'ai aimé ce mélange d'hommage et d'irrévérence vis-à-vis d'un de mes écrivains-phares et cette manière de tourner en dérision son caractère dépressif/macabre/paranoïaque/xénophobe . J'ai même adoré cette petite entorse à sa légende qui le voit partager à son corps défendant ses aventures avec... une fille! Certes elle est plus burtonienne que lovecraftienne, mais on ne va pas s'en plaindre.

Je n'ai pas toujours été convaincu par l'humour que je trouve un peu besogneux, mais d'un autre côté, je dois fermer mon clapet parce que les auteurs, quitte à se contenter de gags rigides, produisent régulièrement EUX.

Le rendu du dessin numérique m'a aussi attiré comme source d'inspiration: je pense qu'il est à ma portée à peu d'efforts.

Le Jeune Lovecraft: Amazon - Blog - Facebook

1 mai 2013

Nemo: Heart of Ice

Nemo: Heart of Ice est venu à temps pour me réconcilier avec Alan Moore, alors que les derniers tomes de The League of Extraordinary Gentlemen m'éloignaient chaque fois un peu plus de lui. Trop de concept tue le concept; trop de références extérieures finissent par me laisser sur le bord de la route.

Sans en porter ostensiblement l'étiquette, Nemo est un épisode de la League focalisé sur la Princesse Janni Dakkar, la fille du capitaine Nemo. Intriguée par le récit halluciné d'une expédition en Antarctique trouvé dans les carnets de son père, elle se lance sur ses traces poursuivie par les sbires de Charles Foster Kane qu'elle vient de délester d'un important trésor. Au milieu des glaces,  elle découvre les restes d'une civilisation extraterrestre et ses horreurs qui ont survécu.

Jules Verne, HP Lovecraft, Orson Welles et du rétro-futur... Nemo tape pile-poil dans mon imaginaire... ça aide pour apprécier.

Graphiquement, je n'ai jamais été fou fou du trait anguleux de Kevin O'Neil. Par contre, son sens de la composition intégré au découpage cinématographique d'Alan Moore m'inspire toujours autant.

8 avril 2013

Saul Bass (et moi)



Presqu'un an après avoir reçu Saul Bass: A Life in Film & Design, j'arrive enfin au bout de ce mastodonte (425 pages mais... 7kg) et je ne regrette absolument pas de m'être imposé cet exercice.

Je connaissais uniquement Saul Bass pour ses célèbres collaborations cinématographiques et Phase IV, son seul long métrage. Ce livre m'a fait découvrir ses story-boards, ses courts-métrages régulièrement oscarisés, ses photos, ses publicités, et son travail aussi magistral que peu connu de créateur de corporate identity (on lui doit notamment la ligne graphique de Minolta et d'AT&T).

Au-delà de la collection de documents et d'anecdotes, j'ai découvert l'homme, sa personnalité ouverte, sa méthode et le plus important: sa vision.

J'avais une impression totalement erronée sur sa carrière. J'imaginais que tout tournait autour du cinéma, avec la publicité comme complément. J'avais faux sur toute la ligne. Et croire qu'il aurait suffit d'inverser l'importance des deux media pour mieux comprendre est tout aussi faux. Saul Bass était un pur designer. Il aurait aussi bien pu exercer dans d'autres carrières, le medium n'était que le moyen technique pour exprimer la vision.

En découvrant cette perspective sur sa carrière, je n'ai pas pu m'empêcher de questionner la mienne.

Je n'ai jamais caché que je fais de l'informatique pour payer mes factures. Et jusqu'à présent, je n'y ai pas changé grand chose.

Depuis peu, j'ai initié un changement actif. Alors que je me remplis de lectures consacrées à la réorientation de carrière (notamment Business Model You, que je vous recommande),  les meilleurs conseils ne sont pas venus de ces lectures spécialisées, mais bien de Saul Bass.  Il a libéré mes énergies intérieures en formulant mieux les réponses à ces questions essentielles: qui es-tu et que veux-tu vraiment faire de ton existence?

Saul Bass sur le Web: imdb - Saulbass.tv - Design Museum.


Quelques exemples du travail cinématographique de Saul Bass:


West Side Story



Casino


Psychose



 Phase IV


Why man creates

31 mars 2013

Trolls et Légendes 2013



Tous les deux ans, nous nous rendons à Mons pour Trolls et Légendes dont nous sommes toujours revenus ravis. Pas en 2013. Victime de son succès de foule et plombé par un hiver persistant, le Festival a mis notre plaisir et notre patience à rude épreuve.

Arrivés à 11h15, nous nous sommes retrouvés devant une file de 200 mètres au moins que nous avons coupée sans scrupule en rejoignant la Princesse et son Prince qui se les gelaient déjà depuis pas mal de temps ("oui, bien sûr, nous sommes un groupe").

un aperçu de la file, plus tard, c'était pire encore
A l'intérieur, c'était la cohue des files d'attente mélangées : devant les stands, devant les bars, devant les dessinateurs. Impossible de profiter des boutiques, de boire peinard, de papoter avec les invités.
L'ambiance s'est encore alourdie quand on a découvert qu'on refusait du monde à l'entrée. Moi-même, sorti à 17h50 pour ramener une amie à la gare, je me suis vu refuser l'entrée à 18h05 sous prétexte "qu'aucune entrée n'était permise entre 18h00 et 20h00 heure du concert", même pour ceux qui avaient déjà payé, avaient un cachet, un bracelet... Il a fallu gueuler en groupe, faire venir le chef, obtenir un passe-droit énervé. C'était moche. Je ne sais pas comment un "on ferme les caisses à 18h00" s'est transformé en "tout le monde reste enfermé à partir de 18h00". En tous cas, on a bien senti que l'orga pédalait dans la choucroute.

Cela dit, nous avons passé de bons moments grâce à nos amis sur place. Et ça même le pire chaos n'aurait pas pu nous le retirer.

Avec tout ça, je n'ai pas pu prendre autant de photos que je voulais: pas de recul, pas de place, pas de mood. Je me suis débrouillé comme j'ai pu. Vous pouvez en voir quelques unes sur mon compte Instagram repris sur Facebook, Twitter et Google+ (utilisez #trollsetlegendes).

Je n'ai pas pu non plus observer les dessinateurs au travail, ni me poser sereinement avec mon carnet.

Cosplay

un faune jaune
la buse Gipsy et son maître
un druide

un mage blanc (Gandalf a pris quelques rides)
ni troll, ni légende: entre manga et steampunk (plus une touche de SuicideGirl)
un chapelier fou

Les boutiques
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